NI DEMAGOGIE, NI DEMOCRATIE

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Non moins disciplinée, la Française ne suivit que les, grandes routes de l'Ordre :

 

La jeune fille en qui les historiens libéraux aiment à louer la préfiguration vivante de la Nation armée; n'a pas conçu un seul instant le réveil national comme une sorte de levée en masse, de jacquerie patriotique.

 

.Elle et " le Grand Ferré " sont deux!

 

Plus encore que guerrière, elle a la tête hiérarchique.

 

Elle n'a pas ameuté les paysans de son village: elle est allée' trouver le seigneur du pays. Encore s'est-elle gardée de le convier à lever la jeunesse du Bar et des provinces voisines : son sens de l'ordre est tel qu'elle, a volé droit au sommet! Point de chef, point de peuple ! Point de Roi, point de France ! Comme il n'y a point de roi, elle en fera un.

 

Mais elle ne le créera pas de rien; elle ne rêvera ni de nouvelle dynastie, ni de dictature féodale ou cabochienne. Un très grand Français, un Lyautey se rêvait en Warwick, il voulait " faire " un roi. Oui, de la semence de Parme !... Jeanne d'Arc ignore' ces songes. Elle prit, son prétendant là où il était, et n'eut de cesse que son Dauphin ne devint le Roi.

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Jeanne ne croyait pas à la naissance spontanée de l'ordre. Elle pensait ce que devait nous enseigner notre maître La Tour du Pin: pour imposer un ordre, il faut une autorité et, en 'France, ce ne peut être que le sceptre, le glaive, la main de justice du Roi. Or, ce Roi se consacre et s'achève à Reims. Tout d'abord, donc, allons à Reims, comme les pâtres de Noël à Bethléem.

 

C'était en se pliant à l'ordre naturel du royaume de France quelle estimait remplir les volontés surnaturelles que ses voix faisaient descendre du ciel.

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Dans le cachot de Rouen, elle a de Rouen, elle a déclaré un jour que ses voix ne la quittaient pas mais, ajoutait-elle,

je les entendrais mieux Si j'étais en quelque forêt !

 

La puissante forêt de pierre qui élance et recourbe ses arcades fleuries au-dessus du berceau ecclésiastique de Reims était aussi propre que son Bois, chenu à la révélation distincte des vérités humaines qui ont orienté sa carrière mortelle. Sans doute ce grand coeur en a-t-il recueilli plus de lumière encore et de consolation que des rameaux bruissants de l'arbre des fées. Son coeur d'initiée à la loi éternelle a dû jouir à Reims, avec parfaite plénitude, du meilleur et du plus beau des spectacles accordés à l'ordre terrestre : une nation laborieuse, une armée bataillante et victorieuse, la paix publique retrouvée et rétablie par un bon conseil et, dans la fleur de la jeunesse, le Roi, le juste Roi par qui, tout bien devient possible; étant le bon seigneur habilité au gouvernement d'ici-bas.

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